Choquer, le dernier moyen à la mode pour rester sourd et muet à la détresse des personnels

« Présentations, échanges et démonstration » : le 29 septembre, de 9h à 11h, notre ministère, la DSJ et nos chefs de cour font le choix de nous choquer, encore.

 

Ils choisissent de nous choquer en organisant des « échanges » un jour de grève nationale. Nos responsables sont sourds aux appels pluriannuels des personnels sur la dégradation de leurs conditions de travail. Ils sont aveugles à l’état de délabrement de notre institution, de nos services.

Mais ils sont là pour nous parler de logiciels et d’IA.

 

Ils choisissent de nous choquer en faisant des démonstrations numériques un jour où les personnels se mobilisent pour dire stop aux logiciels punitifs, à l’IA incontrôlable.

Ils choisissent de présenter leurs projets un jour où notre mobilisation sera intense, soit pour la défense de nos professions, soit pour tenir des juridictions à bout-de-souffle.

 

Nous ne l’acceptons pas ! Nous les interpellons !

 

Monsieur le Ministre représenté par Madame la Secrétaire générale, Monsieur le Directeur des services judiciaires, Messieurs les chefs de cour, pourquoi choquer ?

 

Nous vous rappelons la définition d’un choc :

C’est une rencontre plus ou moins violente et brusque qui fait mal.

C’est une émotion violente et soudaine, un coup soudain qui frappe quelqu’un dans sa sensibilité, son psychisme.

 

Les personnels sous votre responsabilité méritent-ils d’être choqués, encore et encore ?

 

Depuis des années, ils vous adressent des suppliques : moratoires sur les centaines de réformes qui s’accumulent chaque année, au niveau législatif, règlementaire, organisationnel et numérique.

Depuis des années, ils vous transmettent des motions, pour dire leurs périlleuses conditions de travail : pour leur santé, pour leur responsabilité professionnelle.

Depuis des années, ils continuent d’enchaîner les heures supplémentaires, les astreintes, les horaires dépassant très largement les maximums légaux sur le temps de travail.

 

Et votre compréhension de cela vous amène à imposer un « choc numérique » et à venir choquer les personnels de la cour d’appel de Versailles un jour de mobilisation sociale.

 

Nous vous demandons de faire preuve de respect, d’écoute et d’attention à l’égard de vos personnels.

 

Vous devez respecter le temps de mobilisation des agents en reportant cette présentation. Vous devez donner la possibilité au plus grand nombre d’assister au temps d’échanges que vous proposez pour votre « Choc numérique », en le fixant de manière pertinente pour les personnels à qui vous vous adressez et dont vous demandez l’adhésion et l’investissement.

 

Vous devez faire preuve d’écoute en suivant réellement le dialogue social concernant le numérique.

Vous devez aussi faire preuve d’attention en laissant du temps au rétablissement de vos personnels harassés et accablés face aux charges qu’ils connaissent et à l’absence de reconnaissance de la gravité de la situation qu’ils ne cessent, comme leurs représentants en CSA et FS, de vous démontrer.

 

Si vous décidez de maintenir cette présentation le 29 septembre, nous comprendrons tous que vous ne souhaitez aucunement dialoguer.

Si vous décidez de maintenir cette présentation le 29 septembre, nous comprendrons que peu vous importe les personnels sous votre responsabilité.

 

Nous vous demandons un dialogue digne et sincère sur le numérique et la prise en compte pleine et entière des besoins des personnels des juridictions.

 

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