Madame le Premier président, Monsieur le Procureur général, Mesdames et Messieurs,
Nous souhaitons la bienvenue à Monsieur le Procureur général à l’occasion de ce premier CSA depuis sa prise de fonctions, et lui adressons nos vœux de réussite dans ses nouvelles missions. Nos échanges avec les chefs de cour et l’administration doivent continuer à être francs et constructifs dans un contexte où les attentes des personnels sont fortes.
Ce CSA est l’occasion pour l’UNSa SJ de rappeler une réalité que nous ne pouvons plus ignorer : derrière les réformes, les annonces et les objectifs affichés, il y a des agents qui font tenir les juridictions au quotidien, souvent avec des moyens insuffisants et dans des conditions de travail de plus en plus difficiles.
Le sous-effectif chronique reste une préoccupation majeure. Les équipes doivent absorber une charge de travail toujours plus importante, pallier les absences, former les nouveaux arrivants et maintenir le service public malgré les difficultés. Cette situation a un coût humain. La fatigue s’installe, les tensions augmentent et le sentiment de ne jamais pouvoir faire correctement son travail progresse.
À cela s’ajoute une invisibilité persistante des fonctionnaires et des contractuels. Pourtant, sans eux, pas de greffe opérationnel, pas de procédures traitées, pas de décisions mises en œuvre dans des délais raisonnables. Nous ne pouvons pas continuer à parler de modernisation de la Justice sans reconnaître pleinement celles et ceux qui la font fonctionner chaque jour.
Les difficultés liées aux mobilités illustrent également le décalage entre les décisions de l’administration et la réalité des services. Des listes de postes parfois incohérentes, des besoins insuffisamment pris en compte et un manque de lisibilité compliquent les projets professionnels et personnels et fragilisent les services. Nous attendons une gestion plus cohérente, plus transparente et davantage adaptée aux besoins réels des juridictions.
À ces difficultés s’ajoute le « choc numérique », avec notamment l’objectif du zéro papier. Si la modernisation est nécessaire, elle ne peut pas se faire au détriment des agents. Les dysfonctionnements des applicatifs métiers, les lenteurs et les interruptions compliquent déjà considérablement leur quotidien. Faute d’outils fiables et de moyens adaptés, ce choc numérique est en réalité un électrochoc pour les agents et pour une institution qui n’est pas prête à affronter une transformation aussi déconnectée de la réalité du terrain. Il ne suffit pas d’annoncer une ambition : il faut des applications fiables, des équipements adaptés, un accompagnement réel et du temps pour permettre aux équipes de s’approprier les évolutions. La modernisation ne doit pas se traduire par une dégradation supplémentaire des conditions de travail.
Nous souhaitons également alerter sur la perte de pouvoir d’achat et la hausse des prix des carburants, qui pèsent lourdement sur les agents contraints d’effectuer des déplacements quotidiens. Dans ce contexte, nous demandons que le télétravail soit davantage encouragé sur l’ensemble du ressort, lorsque les missions le permettent, avec des pratiques cohérentes et équitables entre les juridictions.
Les conditions de travail doivent également rester une priorité. Les épisodes de fortes chaleurs étant appelés à se multiplier, il est indispensable d’anticiper leurs conséquences sur les agents et de réfléchir dès maintenant à l’aménagement des locaux, aux mesures de prévention nécessaires et à l’évolution de l’organisation du travail (horaires aménagés, ouverture au public, télétravail …).
La sûreté des personnels constitue une autre préoccupation majeure. Les risques auxquels les agents peuvent être exposés imposent des réponses concrètes, des dispositifs adaptés et une véritable politique de prévention.
Une attention particulière devra être portée sur l’évolution du BRAJ (intégration de Lons-le-Saunier, délais de traitement, temps et effectifs dans les juridictions …).
Si nous constatons et pointons sans cesse, à chaque déclaration liminaire, les mêmes problématiques et les mêmes carences de notre administration, c’est que nous avons encore l’espoir de pouvoir au niveau local, apporter des solutions concrètes aux agents qui font tenir la Justice au quotidien.
Les représentants UNSa SJ.