Déclaration liminaire CAP des Greffiers 25 juin 2026

Madame la Directrice,

L’UNSa Services Judiciaires souhaite, à l’occasion de cette commission administrative paritaire, attirer une nouvelle fois l’attention de l’administration sur les difficultés persistantes rencontrées par les greffiers dans l’exercice quotidien de leurs missions.

Tout d’abord, la question des effectifs demeure au cœur des préoccupations de la profession. Les événements récents, notamment l’affaire Lyhanna ont mis en lumière les conséquences que peut engendrer un manque de moyens humains au sein de l’institution judiciaire.

Les greffiers, maillons indispensables du fonctionnement de la Justice, continuent pourtant d’exercer leurs missions dans des conditions de plus en plus dégradées, avec des charges de travail toujours plus importantes, des logiciels défaillants et des effectifs insuffisants.

Quoi que puisse en dire Monsieur le garde des Sceaux à grand renfort d’annonces publiques dans les émissions télévisées, nous le réaffirmons solennellement : la Justice manque de moyens et il faut réagir de toute urgence pour tenter de la sauver !

Notre Ministre de tutelle a choisi de dégager sa responsabilité individuelle et de prétendre ne pas avoir eu connaissance des multiples alertes lancées. Il ne donne pas non plus suite à nos demandes d’entretien pour discuter de ces sujets.

L’ignorance, même si elle est feinte, est bien confortable quand il s’agit de rendre des comptes !

Nous, nous avons fait le choix de rester forts aux côtés des agents, qui aujourd’hui se sentent trahis et jetés en pâture à la vindicte publique malgré un engagement sans faille. Ils méritent mieux !

Ils se sont engagés sans limite, sans aucuns moyens, pour tenter de sauver une Justice dans laquelle ils ont foi, et n’ont en remerciement que reproches, attaques et menaces.

Nous ne les abandonnerons pas !

Or le constat est pourtant objectif !

Pour ne pas nous lancer dans un inventaire à la Prévert interminable tant les exemples sont nombreux, nous nous limiterons à constater notamment que les renforts accordés dans le cadre du déploiement des cours criminelles concernent essentiellement les magistrats, alors même que ces nouvelles organisations génèrent une charge de travail supplémentaire particulièrement importante pour les services de greffe. Une justice de qualité ne peut fonctionner sans un renforcement équilibré de l’ensemble des acteurs qui y concourent.

Ce ne sont pas un « choc numérique » ni une promesse de « zéro papier d’ici six mois » qui pourront changer cette réalité !

Cette situation contribue directement au manque d’attractivité du métier de greffier. Les difficultés de recrutement, les vacances de postes persistantes, l’alourdissement des tâches et le manque de reconnaissance des responsabilités exercées interrogent sur la capacité de l’institution à fidéliser les professionnels et à susciter de nouvelles vocations.

L’UNSa SJ souhaite également exprimer ses interrogations concernant le manque de transparence entourant la remontée des dossiers des greffiers stagiaires rencontrant des difficultés durant leur période de formation.

Les critères d’évaluation, les modalités de signalement ainsi que les procédures mises en œuvre mériteraient une meilleure lisibilité afin de garantir l’égalité de traitement des stagiaires et une information claire sur la situation des intéressés.

Nous craignons que la politique de recrutement ne soit menée tambour battant, faisant fi des difficultés rencontrées et du travail effectué par les maîtres de stage, et surtout quoi qu’il en coûte une fois les stagiaires titularisés tant que les chiffres annoncés sont atteints.

S’agissant ensuite de la campagne de mobilité géographique, les personnels s’interrogent toujours sur l’existence de postes demeurant vacants alors même que certains de ces emplois sont proposés aux élèves en sortie d’école de l’ENG. Une plus grande transparence sur la gestion des vacances de postes et sur les critères de leur affectation apparaît aujourd’hui indispensable afin de garantir l’équité et la confiance dans le processus de mobilité.

L’UNSa SJ apporte enfin tout son soutien aux collègues, qui en cette période de canicule, inédite quant à son intensité, demeurent fidèles aux postes. Une fois de plus, démonstration est faite que sans l’investissement sans faille de nos collègues, malgré des conditions encore plus dégradées qu’à l’accoutumée, l’institution fait face aux besoins des justiciables grâce aux dévouements des agents des greffes en général et des greffiers en particulier.

Que le garde des Sceaux en prenne conscience plutôt que de condamner sur les plateaux de télévisions, des responsabilités individuelles, alors que les dysfonctionnements sont structurels et dus pour partie à l’absence de considération des responsables politiques pour notre institution ! 

L’UNSa Services Judiciaires réaffirme son attachement à un dialogue social sincère et constructif, ainsi qu’à la reconnaissance pleine et entière du rôle essentiel des greffiers au sein de l’institution judiciaire.

Soyez-en assurés, plus que jamais, nous resterons mobilisés !

Les représentants UNSa SJ à la CAP des greffiers

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